Liber amoris

     William Hazlitt

     William Hazlitt, né à Maidstone le 10 avril 1778, mort à Londres le 18 septembre 1830 — dans une maison de Frith Street aujourd’hui convertie en hôtel —, était le fils d’un pasteur libéral. Après une enfance campagnarde à Shrewsbury, il se destine tour à tour au ministère pastoral, à la carrière de peintre puis à celle d’écrivain sous l’influence de Coleridge, son ami, tout comme le furent Wordsworth ou Charles Lamb.
     Francophile, admirateur de la Révolution française et de Napoléon (il tenait sa Vie de Napoléon, parue en quatre volumes entre 1828 et 1830, pour son chef-d’œuvre), il est d’abord et avant tout un essayiste, ouvert à tous les sujets, sensible, notamment, à la misère des pauvres (Political Essays, 1815).
     “Hazlitt – c’est là l’un de ses premiers mérites – ne fut pas l’un de ces écrivains discrets qui s’évanouissent dans la brume et meurent de leur propre insignifiance. Ses essais ne sont que l’expression de son être. Il n’a ni réticence ni honte. Il nous dit exactement ce qu’il sent. Et dans la mesure où la conscience qu’il avait de lui-même était on ne peut plus aiguë (nul jour qui ne lui infligeât une pointe de haine ou de jalousie, un frémissement de colère ou de plaisir) nous découvrons vite un personnage singulier : un mauvais caractère mais un esprit large ; mesquin mais noble ; intensément égoïste et pourtant inspiré par la passion la plus sincère pour les droits et les libertés de l’humanité.” Virginia Woolf