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Samuel Taylor Coleridge
(Anglais, 1772-1834)
Coleridge semble confirmer le mot de Gthe : "Jappelle classique ce qui est sain et romantique ce qui est malade". Mais nest-ce pas parce quil fut un tempérament essentiellement dispersé, méditatif et fragile quil fut aussi lun des romantiques les plus authentiques ?
Le laudanum avec lequel il a été soigné dès son adolescence na pas fait de lui un grand poète, mais a libéré un subconscient sans lequel assurément nexisteraient ni Kubla Khan ni Le Dit du vieux marin.
Léchec de ses premières uvres, la lassitude, la vie familiale, la tentative de désintoxication le conduiront à une crise de folie lors dun séjour en Italie. Il abandonnera définitivement la poésie pour se consacrer à la spéculation critique et philosophique, où son génie se réfugiera avec laide morale et matérielle damis mécènes. Il fut lun des meilleurs connaisseurs de la littérature allemande de cette période.
Luvre de Coleridge est faite essentiellement de textes fragmentaires : parmi les grands projets quil caressa, presque tous restèrent à létat dutopies ou débauches ; en cela encore, il est proche de certains des plus grands romantiques allemands. Le fragment ne doit plus être considéré comme un inachèvement, un échec, mais plutôt comme une promesse, un signe que luvre parfaite et close est un rêve inatteignable, mais auquel la quête donne sa signification. La postérité a tranché.
"Coleridge est lesprit le plus vigoureux de la première génération romantique ; il en est aussi, dans quelques morceaux, le poète le plus exquis" (Cazamian).


 
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