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Fanny Burney
Totalement inconnue en France, Fanny Burney nous intéresse pourtant à un double titre.
Dune part, cest avec elle que sannonce le renouveau du roman anglais Defoë, Richardson comme Smollett nayant pas été remplacés. Choderlos de Laclos en fit dailleurs un éloge dithyrambique. Ses romans pleins de finesse, dhumour, de sens de lobservation nont rien à envier à ceux de G. Eliot, M. Shelley ou J. Austen.
Elle est aussi, et cest plus original pour une Anglaise, lauteur dun journal qui compte parmi les sommets du genre en Angleterre (1768-1818). Nous avons isolé la partie qui nous concerne le plus : Fanny Burney, mariée à un général français, assista aux convulsions de la Restauration. Outre sa valeur littéraire, son témoignage est irremplaçable, qui nous montre de lextérieur et de lintérieur les désagrégations successives de lÉtat au milieu de la tourmente napoléonienne ; il nous rend sensibles à ce vent de folie qui soufflait sur lEurope et à lattitude étrange des autorités administratives, militaires, tout comme à celle des émigrés et des gens en fuite lors du retour de lîle dElbe. Sur les routes de lexil, elle rencontrera la plupart des personnalités hostiles à lempereur, tel Chateaubriand, nous laissant ainsi une uvre riche en observations passionnantes, où lon trouve un sens très personnel de la comédie, particulièrement face à ce que lon nommera, quelque cinquante ans plus tard, le snobisme.
"Son roman (
) nous paraît dune grande conception et dun vif intérêt, il est rempli dobservations fines et profondes. En général, les caractères et les sentiments y sont vrais et bien soutenus" (Choderlos de Laclos).


 
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