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Honoré de Balzac
Il est particulièrement illusoire, pour Balzac peut-être plus que pour aucun autre, de vouloir enfermer cet ogre génial dans quelques phrases lui qui écrivit quelque 20 000 pages. Nous effleurerons donc seulement certaines facettes de cet immense écrivain.
Sa voie naturelle aurait pu être celle dun romantisme échevelé sous linfluence de Walter Scott ou de Swedenborg, mais sans sa prédilection pour les ténèbres, Balzac ne serait pas Balzac.
Derrière son réalisme apparent et parfois dominant se cache une psychologie où lirrationnel, linvisible et le mystère ont leur part. Il y a un Balzac romantique, comme il y a un Balzac gothique ou frénétique, terme qui lui convient particulièrement. Sil ne signa pas Falthurne ou Le Sorcier, on compte dans cette veine quelques chefs-duvre La Peau de chagrin en étant le plus bel exemple.
Il rencontra et rencontre encore un prodigieux écho. Peut-être arrive-t-il parfois que valeur et succès ne soient pas incompatibles, tout comme modestie et talent : "Saluez-moi
car je suis tout bonnement en train de devenir un génie."
Créateur du roman moderne, il le tire tout entier de limagination exaltée, de létreinte confuse et totale du romantisme. Ne dit-il pas à lÉtrangère quil écrit "les Mille et une nuits de lOccident" ? Avec lui, même les réalités deviennent légendes.
"Monsieur de Balzac était un des premiers parmi les plus grands, un des plus hauts parmi les meilleurs. Tous ses livres ne forment quun livre, livre vivant, lumineux, profond, où lon voit aller et venir, marcher et se mouvoir, mêlée au réel, toute notre civilisation contemporaine" (Victor Hugo).


 
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