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Maria Zambrano (Espagnole, 1904-1991) Maria Zambrano nait à Velez-Malaga en 1904. Elle assiste à lenseignement dOrtega y Gasset. Dans les années qui précèdent son exil, elle se lie à Bergamín, Luis Cernuda, Jorge Guillén, Miguel Hernandez. La cause étant perdue, elle quitte lEspagne en janvier 1938. Elle voyage et travaille au Mexique, à Cuba, elle enseigne à Puerto Rico. En France, elle devient lamie de Camus et de Char, au Mexique dOctavio Paz. Détail curieux, elle est expulsée dItalie en raison de la dénonciation dun voisin fasciste parce quelle trop de chats dans son appartement. Parfois, les détails sont ces circonstances fortuites qui provoquent un tournant dans lexistence : les chats laccompagnent en Suisse. Elle écrit La Clairière et commence De laurore. Le virage vers la mystique, amorcé précédemment y atteint son acmé. Chez Maria Zambrano, le penser davantage que la pensée, compte ; cest une manière dintégrer les éléments de la réalité, réalité qui avant tout se présente comme constitutive de lêtre humain. Une manière qui doit son particularisme au caractère hybride de lexpression où fusionnent laspect purement philosophique et la musicalité et le rythme propre à limagination poétique : active et créative. La raison poétique si zambranienne à la fois opératoire et utilisée expressément par elle comme voie dune réalisation personnelle était nécessaire, et létait dautant plus à une époque où la rigidité du rationalisme limite lesprit et cache les dimensions énigmatiques de la vie derrière des considérations fallacieuses qui sont des garde-fous et rendent la raison imperméable. La pensée de Zambrano est à la fois métaphysique, psychologique et éthique. Comme elle le souligne, il y a des sentiers qui souvrent dans la forêt et qui se referment à peine les avons-nous passés. Ces sentiers souvent ne mènent nulle part et se perdent. Mais parfois, ils débouchent dans une clairière. Là seulement, la personne peut être témoin du jeun de lumières : voir, et après décrire la vision. Être témoin. La philosophie tout entière ne peut-elle être parfois lhistoire dun témoignage. La raison poétique est une mise en pratique de la raison vitale, discours non nécessaire, discours ouvert, découvreur de cette avancée de lhumain dans son temps. La poésie, selon Zambrano, est réponse ; la philosophie, à linverse, est question. La question surgit du chaos, du néant, du désespoir quil cause, alors que la réponse ordonne le chaos, rend la terre habitable, aimable, et plus sûre. On ny échappe pas, puisque lignorance témoigne du manque de quelque chose : de connaissance ou dêtre. La mort des dieux restaure le sacré de lunivers originel, mais aussi la peur. À chaque fois que meurt un dieu, surgit pour lhomme un moment de vide tragique. À partir de ce néant, lhomme doit prendre la responsabilité de créer son être, un être pas encore conceptuel, sinon historique. Le long processus de création de la personne part de cette conscience du néant et de la liberté de conscience quelle entraîne. Le propre de lhomme est douvrir ce chemin parce que le faire met en jeu son être. La pensée de Zambrano rejoint la philosophie orientale au sens des mystiques persans : types de connaissances qui soriginent dans lorient de lintelligence où naissent le soleil et la lumière. La raison assistée par le cur la personne tout entière permet cette aube de la conscience. En sa naissance, la raison poétique est aurore avant même les formes poétiques de la parole. Tel est lapport le plus important de cette philosophie poétique de Maria Zambrano. Traduit d'après quelques extraits de "La Mujer y su Obra", C. Maillard, Université de Malaga. En français : Aux éditions de l'Éclat : Les Clairières du bois, 1989 ; De L'aurore, 1989. Aux éditions des Femmes : Sentiers, 1992 Délires et destin, 1997 ; . Aux éditions Corti : Apophtegmes ; Philosophie et poésie ; Les Rêves et le temps ; L'Homme et le divin ; Maria Zambrano sur le web : Sur Remue.net : des textes, une chronique de Ronald Klapka En espagnol : La muyer y su obra La Fondation Maria Zambrano |
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