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John Cowper Powys, Anglais (1872-1963)
John Cowper Powys est né à Shirley le 8 octobre 1872 et est mort le 17 juin 1963 à Blaenau-Ffestiniog. Son père était pasteur anglican. Aîné d'une famille de onze enfants, dont sept devaient au moins publier un livre, il eut une enfance heureuse. Il fit ses études à Cambridge et devint ensuite conférencier des universités anglaises. Il avait un talent certain de comédien et tous ceux qui ont assisté à ses conférences les trouvèrent inoubliables. Il se maria avec Margaret Alice Lyon dont il eut un fils qui devint prêtre catholique et qui mourut dans un accident puis se sépara de sa femme. Il vécut ensuite avec une jeune américaine Phyllis Pater avec qui il resta jusquà sa mort.

"John Cowper Powys (1872-1963) est sûrement lun des plus grands romanciers du XXe siècle. Henry Miller, George Steiner, Kenneth White lont reconnu, ce qui ne lempêche pas de connaître régulièrement un purgatoire étrange. Il est vrai que son mélange de nature, sexualité et religion, pour le citer, semble choquer ou ennuyer, à moins que ce ne soit son style généreux à lextrême."
Daniel Thomières (La Quinzaine Littéraire)
"S'il me fallait définir en peu de mots la magie de cet auteur, je dirais qu'il est possédé par le souffle des dieux", formule qui ne rend qu'imparfaitement le double aspect ténébreux et lumineux de son uvre.
[...] A quoi bon la fraternité des hommes, semble-t-il dire, si elle n'inclut pas tout ce qui vit et respire ?
[...] Oui, un type tout à fait remarquable. De ce monde-ci et du suivant. Et des mondes à naître. Frère John est son surnom.
[...] Lui seul était capable de faire décrire un tour complet à sa tête. Lui seul entre tous possédait le langage universel."
Henry Miller, traduction de Roger Giroux dans John Cowper Powys, Granit, 1973.
John Cowper Powys était un maître de la langue anglaise, peut-être le plus grand de notre temps.
George Steiner (op. cité)
John Cowper Powys est un météorite dans le constellation des letttres.
Jean-Pierre Otte, dans Plain-Chant, Automne 1988.
Qui fut John Cowper Powys ? Un Gallois, grand, maigre, dégingandé, de noirs cheveux bouclés, de profonds yeux clairs sous des sourcils noirs, le visage osseux et long avec un grand nez presque crochu, comme on en voit à nos Bretons du pays du Léon.
Dominique Aury, NRF, septembre,1963.
Écrivain inclassable, séduisant canard de la couvée post-victorienne du noble cygne britannique, solitaire fasciné par les rapports humains, John Cowper Powys est un mystique qui allie la spiritualité de Shelley à l'extase sensuelle de Keats. Poète philosophe sans système ni syllogismes, à jamais en quête de l'authentique, toujours prêt à dénoncer la futilité de la dialectique abstraite, il nage à contre-courant de son temps, savourant sa marginalité.
Marie-Odile Fortier Masek, dans L'art d'oublier le déplaisir de John Cowper Powys.
Extrait de L'Eau et les rêves de Gaston Bachelard, José Corti, 1942.
"De tous les éléments, l'eau est le plus fidèle « miroir des voix ». Le merle, par exemple, chante comme une cascade d'eau pure. Dans son grand roman intitulé Wolf Solent, Powys semble poursuivi par cette métaphore, par cette métaphonie. Par exemple: « L'accent particulier du chant de merle, plus imprégné de l'esprit de l'air et de l'eau qu'aucun son du monde, avait toujours eu pour Wolf un attrait mystérieux. Il semblait contenir, dans la sphère du son, ce que contiennent dans la sphère de la matière les étangs pavés d'ombre et entourés de fougères. Il semblait contenir en lui toute la tristesse qu'il est possible d'éprouver sans franchir la ligne invisible de la région où la tristesse devient le désespoir. »
J'ai relu bien souvent ces pages qui m'ont fait comprendre que la roulade du merle est un cristal qui tombe, une cascade qui meurt. Le merle ne chante pas pour le ciel. Ilchante pour une eau prochaine. Plus loin, Powys entend encore dans le chant du merle, accentuant sa parenté avec l'eau, « cette cascade mélodieuse de notes liquides, fraîches et tremblantes, qui semble vouloir tarir ».
S'il n'y avait pas dans les voix de la nature de semblables redoublements des onomatopées, si l'eau tombante ne redonnait pas les accents du merle chanteur, il semble que nous ne pourrions pas entendre poétiquement les voix naturelles. L'art a besoin de s'instruire sur des reflets, la musique a besoin de s'instruire sur des échos. C'est en imitant qu'on invente. On croit suivre le réel et on le traduit humainement. En imitant la rivière, le merle aussi projette un peu plus de pureté. Le fait que Wolf Solent soit précisément victime d'une imitation et que le merle entendu dans le feuillage au-dessus de la rivière soit la voix limpide de la belle Gerda ne donne que plus de sens au mimétisme des sons naturels."

La vie personnelle poussée à son plus haut degré d'intensité et de subtilité est, pour moi, le seul but intelligible du Cosmos.
Autobiographie.
Je suppose que pour moi l'existence idéale, en dehors des limites humaines, serait celle d'une méduse heureuse, irisée, épanouissant son corps ensoleillé par une tiédeur placide au fond d'un bassin de pierre, ne blessant personne et n'étant blessée par rien et vivant entièrement pour la sensation. À part l'existence de la méduse, j'envie celle du Bison des Prairies. Les lézards du désert me paraissent aussi enviables; et il y a beaucoup à dire, à mon sens, du rôle innocent joué dans la confusion de la vie par le lichen sur un pommier, ou par la mousse sur les racines d'un orme.
Confessions de deux frères, Granit.
Parvenir au sedret de l'art de vivre revient à parvenir au secret de l'art d'oublier.
L'art de d'oublier le déplaisir.


Lart doublier le déplaisir, 1997.
Petrouchka et la danseuse, 1998.
Lart de vieillir, 1999.
Esprits-frères, 2001.
La Religion d'un sceptique, 2004


Autobiographie, Gallimard, 1965.
Toits pointus, Mercure de France, 1965.
Wolf Solent, Gallimard, 1967.
Les Enchantements de Glastonbury, 4 vol., Gallimard, 1976.
La Fosse aux Chiens, Le Seuil, 1976.
Morwyn, Veyrier, 1978.
Le Sens de la culture, LÂge dHomme, 1982.
Givre et sang, Le Seuil, 1982.
Les Sables de la mer, Bourgois, 1983.
Une Philosophie de la Solitude, La Différence, 1984.
LArt du Bonheur, LÂge dHomme, 1984.
Tout ou rien, Minerve, 1988.
Camp retranché, Grasset, 1988.
Cahier J.-C. Powys, Granit, 1989.
Comme je lentends, Le Seuil, 1989.
Romer Mowl, P. Desmoulains, 1989.
Les Montagnes de la Lune, Minerve, 1991.
Les Plaisirs de la Littérature, LÂge dHomme, 1995.


 
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